LG Morin à l'Entre-Côtes
Les bonnes filières
" Chez nous, en Bretagne, dans les estuaires, on appelle filières les petits fleuves côtiers qui creusent leurs lits dans la vase et le sable à marée basse; et à marée haute, ils se jettent dans la mer, directement. Les filières sont dangereuses et fascinantes; elles s'effacent, se déplacent et sont trompeuses.
Quand la mer reprend le dessus, elles attendent leur heure. Elles ne lâchent jamais prise et rendent rarement leur proie". " Un paysage familier ne se voit plus ; l’habitude de le savoir ; sa présence amicale, ses odeurs, ses couleurs deviennent un décor quotidien.
On a beau l’avoir parcouru étant enfant , sautant d’un banc de sable à un autre, se tartinant de vase et se décorant d’algues, avoir galopé plus vite que le courant- des courses effrénées qui faisaient frémir nos parents, avoir pêché coques et lançons , en grandissant, on oublie de regarder".
" Le redécouvrir, ouvrir grand les yeux, mettre ses sens à l’écoute, en éveil de sensations ; humer le vent, iode et pestilence mêlés, trouver son orientation et deviner si la mer monte…Enfoncer ses pieds dans la vase, combattre son aspiration et laisser ses empreintes. "
" Prendre le sable par poignées et le laisser couler dans un rayon de soleil, compter ses grains, reconnaître leurs couleurs et penser aux rochers pulvérisés".
" S’user la rétine sur les reflets changeants de l’eau, sonder ses diaprés et pourquoi pas la goûter du bout de la langue".










photographies et textes d'Aurélie Billon 































Nous parlions de "rencontre du 3ème type" récemment à propos du travail de Laurence Drapeau... Et bien voici une autre évocation du film de Spielberg. Souvenez-vous cet élu par les "non-identifiés" qui se met a entasser tout ce qui lui tombe sous la main pour dessiner, peindre, sculpter toujours la même forme, un cône à l'envers... une sorte de montagne... bizarre !


